Article du CARE
Cette semaine, c’était la rentrée.
Enfin, pas pour tout le monde. Des dizaines de milliers d’enfants en situation de handicap restent encore sans l’accompagnement humain dont ils ont pourtant besoin pour être scolarisés dans de bonnes conditions.
À la rentrée 2025, près de 48 700 élèves disposant d’une notification d’accompagnement humain étaient encore sans AESH. Dans le même temps, le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés dans les établissements scolaires a fortement augmenté ces dernières années. Ils étaient environ 520 000 en juin 2025, contre 300 000 en 2017. Les effectifs d’AESH ont eux aussi progressé, mais cette hausse ne suffit pas à répondre à l’ensemble des besoins identifiés par les familles, les associations et les syndicats.
Le paradoxe est là : l’école accueille davantage d’enfants en situation de handicap, mais elle peine encore à garantir à chacun les conditions de cette scolarisation. Les notifications d’aide humaine délivrées par les MDPH sont de plus en plus nombreuses, alors que les familles continuent de signaler des situations d’attente ou d’accompagnement insuffisant.
Des dispositifs se développent pourtant, notamment les unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) ou les dispositifs d’autorégulation (DAR). Des moyens supplémentaires ont également été annoncés pour renforcer les effectifs d’AESH. Ces évolutions témoignent d’une progression réelle de la politique d’inclusion scolaire. Mais elles ne règlent pas toutes les difficultés rencontrées sur le terrain.
Lorsque la scolarité d’un enfant nécessite une aide humaine, celle-ci peut être notifiée par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), au sein de la MDPH. L’aide peut être individuelle ou mutualisée, c’est-à-dire partagée entre plusieurs élèves. Or, la part de l’accompagnement mutualisé a fortement augmenté. Cette organisation permet de répondre à davantage de demandes, mais elle peut aussi avoir des limites lorsque les besoins de l’enfant nécessitent une présence plus importante.
Pour certaines familles, les conséquences sont concrètes : scolarisation à temps partiel, journées réduites en fonction de la présence d’un AESH, voire absence de scolarisation dans l’attente d’une solution. La charge repose alors en grande partie sur les aidants qui doivent parfois adapter leur activité professionnelle pour compenser l’absence d’accompagnement.
Sur le plan juridique, pourtant, la notification de la MDPH ne constitue pas une simple recommandation. Il appartient à l’État, responsable de l’organisation du service public de l’éducation, de prendre les mesures nécessaires pour rendre effectif le droit à l’éducation des enfants en situation de handicap. Le Conseil d’État l’a rappelé à plusieurs reprises, considérant notamment que l’insuffisance des moyens ne pouvait, à elle seule, justifier qu’un enfant soit privé de sa scolarisation.
Les familles qui se retrouvent dans cette situation peuvent donc engager des démarches auprès du rectorat et, lorsque cela est nécessaire, saisir le juge administratif. Il est notamment possible, dans certaines situations d’urgence, de recourir au référé-suspension prévu par l’article L. 521-1 du Code de justice administrative.
Pour les parents concernés, l’enjeu est surtout de ne pas laisser la situation s’installer. Conserver les décisions de la MDPH, formaliser les demandes auprès du rectorat et garder les échanges écrits permet de disposer d’éléments précis si un recours devient nécessaire.L’école inclusive a progressé et le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire n’a cessé d’augmenter.
Reste désormais à faire en sorte que cette progression se traduise, pour chaque enfant concerné, par une scolarité réellement accessible et effective
Rien à CARE ?
On s’en occupe.

