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Le cerveau de Maurice Ravel
“C’est fini, je ne peux plus écrire ma musique” (1933)
Atteint d’une maladie neurodégénérative, le compositeur du Boléro dut renoncer à jouer du piano et à composer.
Lui qui disait avoir “tant de musique dans la tête” était atteint d’une maladie neurodégénérative, probablement l’une des plus étudiée de l’histoire.
C’est notamment en 1935 que le professeur et neurologue réputé Théophile Alajouanine analysa la dégradation des capacités musicales du maître et lui diagnostiqua la maladie de Pick, une forme de démence fronto-temporale.
Si les chercheurs ne sont pas tous d’accord sur la nature exacte de la pathologie, Ravel présentait clairement à la fois une aphasie, une apraxie et une agraphie, c’est-à-dire des troubles du langage, du geste et de l’écriture.
Ces difficultés le contraignirent à abandonner le piano. L’écrivaine Colette disait de lui qu’il avait “l’apparence d’un être qui, d’un instant à l’autre, risque de se dissoudre”.
Pourtant, malgré ces troubles sévères, Maurice Ravel conservait intacte sa musique intérieure, son don, son talent. Il ne pouvait simplement plus la transcrire.
Maurice Ravel est décédé en 1937, à l’âge de 62 ans, quelques jours après une intervention chirurgicale du cerveau, aujourd’hui considérée comme inutile.
L’artiste, qu’il soit peintre, écrivain, musicien, peut lui aussi être frappé par l’aphasie. Et c’est son langage à lui, ici la musique, qui se trouve atteint. Ravel avait encore sa musique dans la tête, mais ne pouvait plus l’écrire.
Le cerveau de Maurice Ravel a notamment fait l’objet d’une étude approfondie dans l’ouvrage Le cerveau de Ravel, de Bernard Lechevalier, Bernard Mercier et Fausto Viader. Il a également été porté sur scène au Théâtre Silvia-Monfort, à Paris, en avril 2025, dans une pièce de Julien Fisera, Dans le cerveau de Maurice Ravel.
